Le Toursky entre en résistance
pour le rétablissementdes subventions
du Ministère de la Culture - Drac Paca.
Richard Martin a entamé
une grève de la faim le
samedi 3 octobre 2009 à 21 heures
au Théâtre Toursky.
Depuis toujours, nous affirmons
qu' oser faire fleurir un théâtre dans un quartier difficile
représente un pari fou et des risques énormes.
Nous persistons à penser que continuer à l'aider à fleurir
constitue une réelle promesse pour l'avenir.
Malgré les 85 000 signatures de notre pétition en faveur du rétablissement
de nos subventions, malgré les nombreux soutiens d'élus et de personnalités de
toutes obédiences, malgré tous les courriers qui ont été adressés
au Ministère de la Culture et à ses représentants, malgré une question
posée au gouvernement par le député Frédéric Dutoit à
l'Assemblée Nationale, force est de constater que le Ministère de la Culture
et la Drac Paca persistent dans leur décision infondée
de ne plus soutenir financièrement le Théâtre Toursky.
La gravité et la brutalité de cette sentence injuste
ne peuvent que susciter indignation, colère et révolte.
Cet aveuglement et ce mépris affirmés pour tout le travail accompli
sont dangereux et explosifs...
En 1995, Jacques Baillon, ancien directeur du Théâtre du Gymnase à Marseille,
nommé par Jacques Toubon à la Direction générale des Théâtres,
supprimait arbitrairement et en plein exercice les subventions du Toursky,
arguant les difficultés financières de notre Compagnie pour annuler l'engagement de l'Etat.
Aujourd'hui, l'Etat argue du contraire pour nous retirer définitivement
les 59.074 euros rétablis par Dominique Wallon en 1998 alors qu'il nous avait
assuré que nous retrouverions au fil des ans l'intégralité de nos subventions
- soit 184.463,31 euros .
Comble d'ironie, la Drac Paca nous écrit « qu'elle est persuadée de l'intérêt
de notre travail et de notre programmation, et qu'elle se tient à notre écoute... »
et nous confirme son désengagement total et définitif en prétextant que
« l'Etat n'a pas vocation à subventionner un théâtre municipal ».
N'ayant jamais été un théâtre municipal, nous sommes abasourdis
par la méconnaissance de la réalité de notre statut par les services du Ministère,
après 38 ans d'existence.
Cet argument erroné a déjà été relevé par Monsieur Jean-Claude Gaudin,
Sénateur-Maire de la Ville de Marseille dans sa lettre de soutien au Théâtre Toursky adressée
le 24 novembre 2006 à Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres,
alors Ministre de la Culture et de la Communication :
« La dernière correspondance de vos services explique le désengagement de
l'Etat par le fait que le Toursky serait un " théâtre municipal et généraliste ".
Cet argument est injustifié dans la mesure où ce lieu n'est absolument pas
un théâtre municipal et où à contrario, le Gymnase qui revendique
cette fonction a reçu de l'Etat plus de 280.000 euros - somme tout à fait justifiée -
pour une programmation et des activités équivalentes à celles du Toursky ».
Dans ce même courrier, Monsieur Jean-Claude Gaudin ajoutait :
« La Ville de Marseille ne parviendra pas à pallier indéfiniment le
désistement des autres partenaires et je ne vous cache pas qu'une
réelle mise en cause de l'existence du Toursky
provoquerait un séisme culturel et politique ».
L'action artistique est dépendante des subventions des institutions
et l'aide publique est essentielle pour le développement de l'activité artistique
et l'inflation du coût des charges.
Le Théâtre Toursky a pris racine depuis fort longtemps.
Il est respecté, aimé. Il est devenu un théâtre mythique.
Il est une plaque tournante des échanges culturels méditerranéens,
il est reconnu pour la qualité de sa programmation régionale,
nationale et internationale, ses combats pour rendre la culture
accessible à tous, pour sa lutte contre l'exclusion, l'intolérance et
le racisme, son ouverture sociale, son travail de création et de diffusion
des œuvres, sa convivialité, sa fraternité, la fidélité et la mixité de
ses nombreux publics. Il n'a jamais cessé d'affirmer sa singularité
et la richesse de ses différences en développant nombre d'aventures
atypiques et ferventes. Sous une forme ou sous une autre,
il a toujours œuvré pour un rayonnement inventif, généreux et fort.
Sa scène, riche en événements multiples, a accueilli les créateurs
les plus marquants et les artistes les plus renommés de notre temps.
Le Théâtre Toursky, créé et dirigé par Richard Martin depuis trente-huit ans,
représente un relais incontournable de la réalité d'une culture pour
tous situé dans le droit fil de l'aventure initiée par Jean Vilar,
dans la lignée du T.Q.M. et qui, à travers eux, continue d'explorer
l'espace social et la reconnaissance d'une permanence de l'âme humaine.
Nous renouvelons avec force et détermination notre demande
de rétablissement de l'intégralité de nos subventions,
soit 185.000 euros.
Cette fois-ci, dans le cas où notre demande
serait à nouveau méprisée,
nous vous confirmons que,
ce n'est plus avec des cris d'oiseaux , comme le dit le poète,
que le Théâtre Toursky et son équipe donneraient l'alarme
mais, sous le regard de la presse,
avec notre public, nos amis, nos soutiens,
nos élus, les artistes..., nous engagerons des actions autour de
Richard Martin qui entamera une grève de la faim
le 3 octobre 2009
qui ne s'arrêtera qu'avec le rétablissement
des subventions injustement retirées.
Richard MARTIN et son équipe